Le SAMEAD est né de la démarche d’un pédopsychiatre du Centre Hospitalier de ROANNE (le Dr Fabrice MOSCHETTI), auprès des médecins généralistes du futur Pole Santé de Saint Symphorien de Lay afin d’explorer des possibilités de coopération.

Le constat était celui de l’augmentation rapide des demandes  d’évaluations et de prises en charge d’enfants et adolescents auprès des différentes structures spécialisées du Centre Hospitalier : C.M.P, service de pédiatrie, mais aussi C.M.P.P, C.A.M.S.P, Maison des Adolescents. Ces structures, souvent pénalisées par des difficultés de recrutement, voyaient leurs listes d’attente s’allonger.

L’offre libérale de soins dans le Roannais pour ce qui concerne les pédiatres, pédopsychiatres, psychiatres, déjà restreinte, était en diminution.

Les soins par des psychologues cliniciens ou psychomotriciens libéraux, ne sont habituellement pas en France, pris en charge par l’Assurance Maladie.

Les conséquences étaient : des délais de prise en charge excessifs, des difficultés d’accès aux soins aggravées  pour les familles résidant  dans les territoires ruraux, surtout pour celles qui disposent de ressources limitées. Mais aussi des liens insuffisants avec les professionnels œuvrant sur les territoires: médecins traitants, services de Santé Scolaire, Protection Maternelle et Infantile, Services sociaux ou éducatifs…

Cet état de fait, défavorable au repérage précoce et à des réponses suffisamment rapides aux difficultés des enfants contribuait à engorger les services existants.

L’apparition de modalités expérimentales de financement par les organismes publiques: URCAM puis ARS, en faveur d’actions coordonnées de soins dans les territoires, a permis d’élaborer et de concrétiser le projet SAMEAD (2010).

L’activité a débuté au cours de l’année 2011 pour un territoire de douze communes du secteur de St Symphorien de Lay, permettant des soins de psychothérapie et de psychomotricité, en lien avec les orthophonistes et les autres intervenants auprès des enfants et des familles: médecins, services de Santé Scolaire, PMI… selon des modalités exposées par ailleurs.

Le domaine habituel d’intervention du SAMEAD sera le premier recours, les soins les plus complexes restant de la compétence des structures de second niveau. La supervision par un pédopsychiatre permettra cependant de définir, au cas par cas, les bornes convenables en fonction des réalités cliniques.

Le nombre d’enfants suivis progresse : 38 enfants en 2011, 82 enfants  en 2012. En 2013, année de l’extension aux 16 communes de la COPLER: 123 enfants ont été suivi, et 142 en 2014.

En 2015 avec l’extension  progressive  aux communautés de commune des Val d’Aix et d’Isable, et du Pays d’Urfé, 237 enfants et adolescents ont été concernés, avec La contribution clinique d’une pédopsychiatre du CH du Forez pour certains secteurs.

Par ailleurs, depuis les débuts, et sous des formes diverses, des formations en faveur des professionnels ont été effectuées, ainsi que des informations destinées aux familles.

Ce développement progressif, justifié par les demandes des familles et des responsables territoriaux, permis par l’implication des professionnels, le soutien de l’ARS et des structures hospitalières,  aboutit donc  en 2015 à ce que soient concernées 4 communautés de communes. L’installation de psychologues et psychomotriciens libéraux  dans des territoires qui en étaient jusque là dépourvus a été facilitée, le dialogue entre des acteurs d’horizons divers ayant pour objectif le mieux être des enfants, des adolescents, et de leur famille a été encouragé.

2016 verra les territoires de la communauté de commune de Balbigny rejoindre le SAMEAD INTERCOMMUNAUTAIRE.

L’objectif sera, dès lors, d’obtenir des assurances de pérennisation de ce dispositif. Pérennisation qui permettra, outre de nécessaires améliorations, la poursuite d’actions qui satisfont  très largement ses bénéficiaires. Tous les enseignements utiles pourront alors être tirés d’une expérimentation qui intéresse un domaine fondamental de la santé publique.